Mostar est la deuxième ville de Bosnie-Herzégovine et l’image la plus reconnue du pays : le Stari Most — le Vieux Pont — qui enjambe la Neretva entre deux rives autrefois antagonistes. Reconstruit en 2004 après sa destruction délibérée en novembre 1993, ce pont en arc de pierre est devenu le symbole de la réconciliation et de la reconstruction. La vieille ville ottomane autour du pont est classée au patrimoine mondial UNESCO depuis 2005. En dehors de la visite du pont, Mostar est un bon point de départ pour les cascades de Kravica et la source du Buna à Blagaj.
Le Stari Most et la vieille ville
Le Stari Most (littéralement “Vieux Pont”) a été construit en 1566 sous l’ordre du sultan Soliman le Magnifique par l’architecte ottoman Mimar Hayruddin — avec une portée de 21 mètres et une hauteur de 21 mètres au-dessus de la rivière. La pierre blanche de calcaire local (tenelija) lui donne sa couleur caractéristique. L’original, détruit d’un déluge de bombes anti-char en 1993, a été reconstruit avec les mêmes pierres et les mêmes techniques traditionnelles, rouvert en juillet 2004 en présence de dirigeants européens.
Sur et autour du pont :
- Le pont est accessible librement, mais glissant — les pavés sont polis par des milliers de passages quotidiens. Chaussures à semelles antidérapantes recommandées.
- Tour Nord (Helebija) et Tour Sud (Tara) — anciennes tours de garde du pont, devenues musées. Entrée 5 KM (env. 2,50 €) chacune.
- Club des Plongeurs (Mostarski Ronilački Klub) — de juin à septembre, des membres du club plongent depuis le pont (21 m de hauteur) contre rémunération (dons). La plongée est un rite local depuis 450 ans — les jeunes hommes sautent pour marquer le passage à l’âge adulte.
La vieille ville (Stari Grad) : Le bazar ottoman de la rive droite (côté bosniaque) est dense en boutiques d’artisanat (cuivre martelé, tapis, broderies). Les adresses authentiques se trouvent dans les ruelles perpendiculaires à l’axe principal — éviter les rues directement en vue du pont qui pratiquent des prix touristiques.
Musées et mémoriaux
- Musée de guerre 1992-1995 “Bašćaršija” — photos et témoignages sur le siège de Mostar. Petit mais saisissant. Entrée 5 KM.
- Musée d’art Muslibegović House — demeure ottomane du XVIIIe siècle parfaitement conservée avec mobilier d’époque. Entrée 6 KM. La maison est aussi un hôtel boutique.
- Mosquée Karadjozbeg (1557) — la plus importante de Mostar. Accès libre hors heures de prière.
Excursions incontournables depuis Mostar
Kravica (40 km, 40-50 min de route) : Cascades d’eau turquoise dans une gorge boisée — l’une des plus belles de Bosnie-Herzégovine. Entrée 5 KM (env. 2,50 €). En juillet-août, très fréquenté en milieu de journée — arriver avant 10h ou après 17h. Accessible en taxi depuis Mostar (80-100 KM aller-retour, négocier avant le départ), en excursion organisée, ou en stop.
Blagaj (12 km, 20 min de route) : À la source de la rivière Buna, la tekke de Blagaj — monastère soufi (derviche) du XVIe siècle — est construite à même la falaise calcaire d’où jaillit la rivière. L’un des sites les plus atmosphériques de la région. Entrée libre à la source ; tekke 3 KM. Accessible en taxi (30-40 KM aller-retour) ou en bus local (départs le matin depuis la gare).
Počitelj (30 km) : Village ottoman fortifié sur la rive gauche de la Neretva, en partie abandonné, avec mosquée du XVIe siècle et tour médiévale. Très peu touristique, accès libre.
Où dormir à Mostar
Mostar dispose d’une gamme d’hébergements très accessible :
- Budget (15-35 €) : Hostels bien situés dans la vieille ville ou à proximité. Hostel Miran, Majdas Hostel. Dortoirs à partir de 10-12 € en 2026.
- Milieu de gamme (40-80 €) : Guesthouses familiales avec vue sur la Neretva ou dans les ruelles de la vieille ville. Muslibegović House (maison ottomane classée, 60-100 €/nuit).
- Haut de gamme (100-200 €) : Peu d’options de luxe à proprement parler — Mostar reste une ville à taille humaine.
Où manger à Mostar
- Tima-Irma — restaurant local recommandé depuis des années, cuisine bosniaque maison, ćevapi et tave (gratins d’agneau), 10-20 KM le plat
- Hindin Han — terrasse sur la Neretva, vue sur le pont, poisson grillé et spécialités locales, touristique mais qualité correcte, 18-30 KM
- Les boulangeries de la vieille ville — burek frais le matin, 3-5 KM la portion
À noter : Beaucoup de restaurants de la vieille ville ont des prix affichés en euros (sans conversion — les mêmes chiffres en KM coûteraient deux fois moins). Vérifier avant de commander.
Accès et transports
Depuis Sarajevo : Bus 2h30, départs réguliers depuis la gare routière centrale de Sarajevo. Tarif 13-18 KM (6,50-9 €). Le bus longe partiellement la Neretva — beau trajet.
Depuis Dubrovnik : Bus 3h30-4h, 25-35 KM (12-18 €). La route passe par Neum — le seul accès à la mer de la Bosnie-Herzégovine, enclave sur la côte dalmate — et franchit deux postes-frontière (Croatie/Bosnie et Bosnie/Croatie à nouveau). Prévoir passeport ou carte d’identité.
Depuis Split : Bus 4h30-5h, 30-40 KM (15-20 €).
En ville : Mostar est compacte, tout se visite à pied depuis la vieille ville. Taxis pour les excursions hors ville.
Quand visiter Mostar
- Avril-mai : Idéal. Températures douces, Neretva haut débit (beau pour les photos), peu de touristes.
- Juin : Très bon. Les premières chaleurs (25-28 °C) mais pas encore la haute saison.
- Juillet-août : Foule intense sur le pont et dans la vieille ville — en particulier entre 10h et 17h. Des groupes de touristes de croisière arrivent en bus depuis Dubrovnik. Voir le pont tôt le matin (7-8h) ou en soirée transforme l’expérience.
- Septembre-octobre : Excellent compromis. Eau de la Neretva encore chaude pour nager, foule diminuée.
- Novembre-mars : Mostar hors-saison est calme, quelques restaurants ferment. La vieille ville sans touristes offre une expérience plus authentique.
Ce qu’on ne dit pas assez sur Mostar
Mostar reste une ville divisée en 2026. La rive droite (côté Stari Most) est principalement bosniaque-musulmane ; la rive gauche (côté boulevard de la République croate d’Herceg-Bosnie) reste croate-catholique. Les deux communautés vivent en paix mais peu de mixité sociale — des systèmes scolaires séparés, des cafés séparés, des centres-villes distincts. Traverser le pont dans les deux sens et observer les deux rives est plus instructif que les seules photos du pont lui-même.
Le vin d’Herzégovine est une excellente surprise : les cépages locaux Žilavka (blanc sec, notes de citron et d’herbes) et Blatina (rouge corsé) produits dans les vignes entre Mostar et Trebinje sont peu connus hors du pays mais de très bonne qualité. Une bouteille de Žilavka coûte 15-25 KM (7-12 €) dans les caves locales.